Par : Chr
Publié : 27 octobre 2008
Format PDF Enregistrer au format PDF

Fiches de lecture 1

FICHES DE LECTURES

Utilisez "répondre à cet article" pour donner votre avis.
  • Contour du jour qui vient De Lionna Miano (Prix Goncourt des Lycéens 2006)
 Dans une Afrique déchirée par les guerres tribales une petite fille âgée de 6 ans raconte, avec pudeur et mesure, le calvaire que fut sa vie et sa quête pour retrouver une mère hystérique dont elle eut à subir les violences physiques avant d’être chassée, par elle, de sa maison. Parcours initiatique au bout duquel elle est parvenue à l’âge de 12 ans, à abolir l’amertume, la vindicte, le désespoir, pour enfin ressentir en elle la grâce de savoir pardonner et classer son inébranlable confiance dans la vie. Parallèlement, l’auteur laisse entrevoir la possible renaissance de l’Afrique si celle-ci, à l’exemple de la jeune Musango, arrive à se saisir de son propre destin, si elle « … récuse l’obscur et la démence comme unique horizon. » « … sur une une terre brûlée, il y a quelque chose qui pousse encore… » Roman très attachant, qui retient l’attention par son style sobre, qui ne tombe jamais dans le mélodrame, et qui est le support d’un véritable hymne à la vie.
EXCELLENTE LECTURE par Geneviève
  • Mémoires d’un porc-épic D’Alain Manba,ckou
 Il s’agit d’une légende africaine selon laquelle tout être humain possède son « double animal ». Dans le roman ce double est un porc-épic qui devient le double nuisible d’un certain Kilandi dont il est le serviteur dévoué et docile prêt à « manger », c’est-à-dire à tuer toute personne que son maître trouve gênante. Avec lassitude et ennui, le lecteur devient témoin d’une série d’expédition punitivess toutes semblables et gratuites. Style assez plat ; phrases sans ponctuation, à part des virgules de temps en temps. A cela, l’auteur ignore les majuscule.
TRES FASTIDIEUX. Par Geneviève

  • Cosméthique de l’ennemi Amélie Nothomb
Dialogue fictif habile et plein de vivacité entre Jérôme sujet conscient et pensant d’une part, et la voix de son moi profond qui s’exprime sous le nom de Textor. A la fin de ce dialogue diabolique Jérôme dans le Hall d’un aéroport va devenir la victime de sa voix intérieure. Elle est le châtiment qui le conduit au suicide. « Suspence » très soutenu tout au long de d’un piège qui se referme inexorablement, avec une lenteur toute calculée, sur le personnage.
TRES BONNE LECTURE Par Geneviève

  • Une Promesse Sorj Chalandon
Le propos du livre est le refus de la mort, la douloureuse expérience du deuil. Sous forme d’une sorte de chronique policière mettant en scène une mystérieuse lampe magique c’est le récit de la promesse faite par un enfant à son frère entraînant dans l’accomplissement de cette dernière sept amis qui se rejoindront dans l’acceptation finale de la mort nécessaire pour continuer à vivre. Livre plein d’émotions teintées d’angoisse autour de l’amour, l’amitié, la mémoire des disparus, l’oubli… BONNE LECTURE Par Annie

  • Gog Giovani Papini
Voici le premier livre d’une nouvelle maison d’édition (Editions Attila, Paris, avril 2007 : encore une ! Youpi !), qui s’avère être laréédition d’une traduction de 1932 d’un livre italien sorti un an plus tôt. Avant de parler de littérature, il faut admirer l’objet : le livre est illustré par les dessins iconoclastes de Rémi qui apportent beaucoup au livre. Présenté comme un roman, il s’agit en réalité d’un assemblage de textes courts, dont le narrateur est le personnage éponyme Gog, riche multimilliardaire misanthrope qui cherche à tromper son ennui viscéral au grès de ses expériences ou de ses coups de tête. Le narrateur propose un point de vue étonné, dégoûté et fasciné sur son monde qui a atteint le point de bascule véritable à partir duquel celui-ci de multipolaire et rural qu’il a été, tombe dans la mondialisation l’industrialisation totale. Il est frappant que 76 ans plus tard ces analyses trouvent encore une résonance à notre société que l’on veut croire aboutie dans sa modernité. Ainsi la couverture représente un homme (Gog lui-même) qui crache sur la lettre « O » de son nom, et qui symbolise également le monde ; c’est un peu ça Gog, les divagations d’un égoïste qui finalement se crache dessus. C’est très bien écrit, très fin. Sans doute Papini est de la race des Céline, et sans nous mentir, ce qu’il a écrit avant de tomber dans ce piège vaut sacrément le coup d’être lu.
Dernier détail : ces textes apportent beaucoup au genre qu’est la nouvelle, en ce sens qu’il s’agit d’un mélange étonnant de textes très courts qui se situent à mi-chemin entre le billet d’humeur et la fiction. Toujours noire cette fiction, car chez Papini il ne saurait être question de littérature blanche.
 INCONTOURNABLE (sauf si vous n’aimez pas les livres incontournables) Par Julien

Documents joints

Répondre à cet article

1 Message